Vous écrivez, vous y arrivez, la fin, la consécration, the end, point final. Et puis vous commencez la relecture. La première, celle des tournures de phrases et des lourdeurs, celle où vous commencez à vous dire que vous feriez bien de réécrire votre travail au lieu de le corriger. ça vous prend un mois et demi… Deux mois… Plus parfois. Vous terminez.

Vous vous rendez sur le site des éditeurs, et vous vous rendez compte qu’ils vous reste à passer l’étape de la correction des erreurs d’orthographe. Alors vous relisez un roman que vous connaissez déjà par cœur, et une nouvelle fois, vous n’y voyez que les modifications à apporter, pas les bons côtés. N’oubliez pas que faire une seule fois cette étape, c’est envoyé un roman bâclé. Non, vous n’y avez pas passé assez de temps ! Recommencez une nouvelle fois ou retournez à la case départ sans passez par la prison.

Vous y êtes ! Correction effectuée ! Mais vous ne le sentez pas, relisez une troisième fois.

C’est bon. Vous retournez sur le site des éditeurs. Chacun d’entre eux a ses propres exigences. Il vous faut mettre votre écrit en page quinze, vingt, trente fois. Et chacune d’entre elles apporte son lot de surprises. Une nouvelle tournure de phrase à modifier, une erreur à corriger, vous ne vous en sortez pas. C’est un travail sans fin.

Arrêtez vous là. Il arrive un moment où vous avez fait ce que vous pouvez, et ce que vous devez, pour que ça marche et que votre roman soit au meilleur résultat que vous avez la possibilité de rendre. Inutile de vous rendre malade de corrections, de toute façon, vous ne vous trouverai jamais assez bons.

Bienvenue dans l’immense famille des artistes insatisfaits.

Rassurez-vous, votre frustration finira par s’évanouir à vos premières critiques positives.

La relecture est certainement l’une des étapes les plus importantes de la création de votre oeuvre. Elle pourrait être déterminante et jouer sur vos chances de trouver un éditeurs, et pour votre satisfaction personnelle, il faut que vous soyez certains d’avoir fait de votre mieux. Mais toute étape à une fin, et si vous ne choisissez pas qu’il est temps d’arrêter, vous pourriez vous dégoûter de votre propre histoire.

On a fait mieux comme débuts littéraires. Vous ne croyez pas ?