Si vous voyagez au Japon, vous y verrez des temples, des sanctuaires, des palais, des musées, et j’en passe, mais à moins d’y participer, vous ne verrez pas de cérémonie du thé.

Soyons bien d’accord, vous ne ferez pas la cérémonie entière. Celle-ci dure de quatre à cinq heures, et nécessite une précision dans sa réalisation que vous serez parfaitement incapable d’appliquer. Mais il vous sera possible de participer à une cérémonie raccourcie, qui durera, par exemple, une heure. Vous y apprendrez ainsi les fondamentaux, et profiterez d’une expérience du Japon traditionnel, qui est vraiment exceptionnel entre les combats du Sumo et les temples où les moines bouddhistes se promènent.

La cérémonie suit un rituel bien précis. Le Tea Master met des années à le maîtriser à la perfection. Ce sont de véritables études. Mais qu’est-ce que le Tea Master ? IL s’agit bien là de la personne s’occupant de la préparation du thé, et du repas qui va avec, dans le cas d’une cérémonie complète. Elle va s’occuper de la gérer entièrement, depuis le nettoyage des instruments nécessaires à la préparation du thé, jusqu’au salut final.

La cérémonie commence bien sûr par un salut par lequel vous répondez à celui du Tea Master et lui présentez vos respects. Par la suite, elle installera les participants autour de la table, en commençant par l’invité d’honneur, qui sera placé dans un coin de la maison de thé, normalement celui sur lequel une peinture est accrochée. Elle donnera a chacun des invités un bout de papier, ou de tissu, à poser sur la table devant soit, avant de passer avec un plat sur lequel sont disposés des sucreries Japonaises. Vous en prendrez alors une de chaque, et les poserez sur le papier, sur la table, sans y goûter. Vous n’en prendrez un morceau qu’une fois que le Tea Master vous en donnera l’autorisation, généralement une fois qu’elle sera installée devant les éléments de préparation du thé et qu’elle les aura nettoyés. Evidemment, vous ne les mangerez pas tous à la fois – un peu de raffinement, s’il vous plait ! Elle vous fera signe à chaque fois que vous pourrez en prendre une. Ces sucreries ont un véritable rôle. Il ne s’agit pas de vous faire attraper des caries. Elles sont destinées à adoucir votre palet avant qu’il ne soit en contact avec le thé un peu amer.

Une fois la préparation finit, la Tea Master déposera un premier bol devant l’invité d’honneur. La face comportant le plus beau motif sera tournée vers lui, ce sera le moment pour ce dernier de la remercier à nouveau, avant qu’elle ne distribue les autres bols. Elle vous fera alors signe de boire. Vous attraperez votre bol, et le tournerez de deux quarts de tours vers la droite de manière à ce que la plus belle face de celui-ci se trouve à l’opposé de votre bouche. Après avoir pris une première gorgée, vous répondrez à la question que la Tea Master vous posera afin de savoir comment vous le trouvez. Vous lui direz « Kekko Desu » pour lui exprimer votre appréciation, même si vous n’aimez pas. Vous ne voudriez pas être impolis, n’est-ce pas ? Vous finirez alors votre thé en plusieurs petites gorgées, et ne manquerez pas d’avaler la dernière avec un léger – tout est relatif – bruit pour lui exprimer à nouveau votre goût pour le thé qu’elle a préparé.

Le thé vert qui vous sera servi est un thé en poudre aussi connu sous le nom de Macha. Il a été importé de Chine au XII em siècle, et la cérémonie a par la suite été pensée par Sen No Rikyu, devenu Maître du thé, avant d’être adoptée par les Moines Bouddhistes et les guerriers Samouraïs. Si la cérémonie n’a pas changé depuis son invention, elle était pratiquée exclusivement par les hommes jusqu’à la Seconde Guerre Mondial. Les femmes ont alors repris le flambeau, et s’en sont appropriées la pratique. Il y a désormais plus de femmes que d’hommes apprenant l’art de la cérémonie du thé.

  • image d’illustration : une maison de thé traditionnelle.