ATTENTION : Je me base uniquement sur mon expérience pour vous parler de l’environnement professionnel Taïwanais dans lequel j’évolue. Pour que vous situiez bien le contexte, je vous parle en temps qu’employée d’une petite entreprise d’activités extérieures ayant commencé son activité un an et demi auparavant. J’évolue dans le secteur professionnel du tourisme au sein d’une entreprise proposant des loisirs encadrés, et ayant ses bureaux basés à Hualien.

La culture d’entreprise ici est bien différente de la culture Française. Tout d’abord, si vous venez à Taïwan, il est possible, voir probable, si vous êtes dans une entreprise Taïwanaise, que vous travailliez sans contrat. Parmi mes trois collègues Taïwanais, seule la manager à un contrat en bonne et due forme, les autres ont simplement passé un accord oral avec le propriétaire des lieux et patron. Vous n’aurez donc pas la sécurité que vous avez l’habitude d’avoir en France, mais l’entreprise non plus.

Le salaire moyen d’un jeune Taïwanais fraîchement diplômé est de 25 000 TWD par mois. Si vous venez d’arriver sur l’île, que vous n’avez pas, ou peu d’expérience, et que vous ne travaillez pas dans l’informatique, n’espérez pas gagner beaucoup plus. Toutefois, certaines d’entres elles vous fourniront aussi un logement et des repas, ce qui n’est pas négligeable.

A Taïwan, vous ferez plus d’heures qu’en France. Bye bye trente-cinq heures, bonjour les neuf heures par jours. Toutefois vous conserverez bien souvent vos deux jours de repos par semaine.

Les Taïwanais étant généralement très amicaux, vos chances de tomber dans une super équipe s’en trouveront largement augmentées. Ils essaieront toujours de vous mettre à l’aise, et feront en sorte de vous intégrer à leur équipe de la meilleure façon possible. Les voyages incentives sont d’ailleurs monnaie courante au sein des entreprises Asiatiques, y compris lorsque les bureaux se trouvent dans différents pays. Une Taïwanaise travaillant en agence de voyage m’a même confiée en avoir fait un en Thaïlande pour rencontrer les personnes travaillant pour la même entreprise là-bas.

Pour le prochain point, il va falloir prendre sur vous. Ici, le patron est définitivement roi. Oubliez vos manifestations de désaccord. Si quelque chose ne vous plait pas, il vous faudra passer outre ou démissionner, la deuxième solution étant fortement conseillée si vous sentez que vous commencez à détester votre travail. C’est certainement la chose la plus difficile à supporter en tant que Française, mais vous pourrez faire de votre boss un roi modéré si vous n’avez pas de contrat ou qu’il a trop besoin de vos compétences pour vouloir entrer en conflit avec vous.

Hormis ces quelques remarques,  à Taïwan vous travaillerez dans une bonne humeur presque constante, loin des râleries quotidiennes. Il y a un petit quelque chose qui donne à ce pays une atmosphère chaleureuse. D’ailleurs, Taïwan a été classé, en 2018, 25em au classement des pays où les gens sont les plus heureux.

Pour trouver un emploi, plusieurs options s’offrent à vous. Bien sûr, il est possible que votre entreprise d’origine vous offre un emploi à l’étranger, dans ce cas là, vous n’aurez même pas à chercher. Mais d’autres options sont aussi possibles. Vous pouvez contactez la Chambre de commerce de Taïwan, qui propose quelques offres, ou passer par d’autres sites internet connus, comme Craiglist, en faisant bien attention aux offres auxquelles vous répondez. Les candidatures spontanées peuvent aussi être une possibilité. CV en anglais ou en chinois obligé ! D’ailleurs, il vaut mieux que vous parliez quelques mots de mandarin si vous souhaitez venir travailler à Taïwan. Si vous cherchez un emploi pour une durée limité, le site Workaway, ou le Woofing peuvent vous permettre de trouver du travail qui, a défaut d’être rémunéré, vous offrira un hébergement et à manger. Ce genre d’opportunités débouchent parfois sur de vrais contrats, avec une rémunération correcte selon les critères Taïwanais. Sur Facebook, vous trouverez aussi divers groupe comme Français de Taïwan ou Non teaching jobs in Taiwan sur lesquels vous pourrez poster votre CV.

Mon expérience :

Je suis donc guide, et agent Marketing, basé dans la ville de Hualien, sur la côte Est. Travailler dans le secteur touristique dans un endroit aussi paradisiaque se révèle être une expérience des plus extraordinaire. Mon poste me confère une grande liberté, non pas au niveau des horaires, mais du point de vue de l’organisation de mon travail. Je suis libre de prendre des initiatives, au sein d’une équipe ouverte d’esprit, et je l’apprécie grandement.

L’organisation de mes journées est bien définie, mais c’est moi-même qui en ai décidé ainsi. Lorsque je ne suis pas en trail, ma journée commence à neuf heures. Ma première tache étant la rédaction d’articles, c’est à celle-ci que je m’attelle en priorité. Généralement, j’en rédige un que je publie dans la foulée, et j’en prépare un autre pour plus tard, dans l’hypothèse où je ne trouverais pas d’inspiration sur le moment. Ensuite, je me mets à la sélection de photos, à la retouche, et à la rédaction de texte pour instagram, avant de planifier les publications. Cela nous amène à midi, et je vais passer ma pause à dorer au soleil sur le rooftop du 85° cafe – où les serveurs me connaissent beaucoup trop bien maintenant, et me font des réductions sur le deuxième Latte – en profitant de la vue sur le port. En début d’après-midi, je retourne à mon poste, où j’ai alors l’opportunité de travailler pendant une petite heure sur mes projets personnels, avant de faire un peu de prospection de partenariats. L’entreprise proposant des tours en motos, il est nécessaire de les faire tourner un peu tous les jours afin de les maintenir en bon état de marche. Il arrive que ce soit moi qui m’en charge, bien que je doive admettre que c’est loin d’être ma tache favorite.

Il m’arrive aussi accompagnée ma collègue photographe et vidéaste en shooting. Lors de ces sorties, nous nous retrouvons donc toutes les deux, avec la voiture de l’entreprise, à chercher les meilleurs spots. Il est plutôt agréable de pouvoir sortir du bureau de temps en temps, pour d’autres sorties que des trails. Ce sont plutôt de bonnes journées bien remplies. Nous partons alors vers 9h30 du matin, et revenons vers 18h30, lorsque nous ne partons pas sur deux jours. Mais la liberté totale dont nous bénéficions alors est très agréable.

Dormant au dessus de mon lieu de travail, il m’a simplement fallu avoir une petite discussion avec mon patron pour lui faire comprendre que lorsque je suis en repos, je suis en repos, et je n’ai pas forcément envie d’aller marcher vingt-cinq kilomètres en montagne pour découvrir de nouveaux chemins sur mon temps libre.

En tant que guide, je suis amenée à côtoyer tout type de nationalités, mais je dois admettre que les Taïwanais, Singapouriens, et Chinois, représentent une grosse part de la clientèle. Ce job est l’un des plus intéressant qu’il m’ait été donné de faire. Non seulement je découvre de nouveaux lieux, mais j’en apprends un peu plus sur ces derniers à chaque fois que je m’y rends. Les personnes que j’amène en trail sont particulièrement gentilles, à chaque fois, et désireuses d’en connaitre plus sur Taïwan, mais aussi sur la France – Et oui, ça surprend de se retrouver avec une guide Française à Taïwan. Ils essayent aussi de m’en dire un peu plus sur leur pays afin de me le faire découvrir. Je ne compte plus le nombre de personne m’ayant dit « contacte moi si tu viens à … ». Attention, un trail en montagne reste un trail en montagne, et quand on vous demande d’en enchaîner cinq jours d’affilés, ce qui inclut aussi la préparation en amont, c’est fatigant. Je pense pouvoir dire avoir mieux appris à connaître mon corps depuis que j’ai commencé ce travail. Bien sûr, il ne faut pas montrer à vos clients que vous êtes fatigués, mais il s’agit aussi de ne pas se blesser. Depuis mon arrivée, j’ai dû demander une fois à mon manager de changer l’une de mes journées avec quelqu’un d’autre afin de ménager un peu mes articulations et de leurs accorder vingt-quatre heures de répit.

Envie d’en savoir plus sur une journée de travail à Taïwan, cliquez ici et découvrez mon article en anglais sur Medium.

Envie d’en savoir plus sur l’organisation d’une journée en tant que guide à Taïwan, cliquez ici pour découvrir l’article en anglais sur le même sujet.

 

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