Etudiant, on vous demandera de partir en Erasmus, ou de faire un stage à l’étranger au cours de votre scolarité. Le petit défit de l’année sera donc souvent de trouver un stage dans un pays non-francophone qui vous intéresse et dans une entreprise qui vous offrira potentiellement de nombreuses opportunités.

C’est là qu’intervienne les étudiants des années précédentes, et le personnel encadrant de votre formation. L’objectif : instauré un climat de terreur *non je rigole. Blague à part, ils essaieront toujours d’amplifier l’ampleur de la tache qui s’offre à vous. Comptez combien d’entre eux vous diront qu’ils ont « envoyé plus de cinquante mail par jour sans jamais avoir de réponse », et comptez le nombre de mails que vous aurez envoyé, vous noterez alors une différence non négligeable entre les « on dit » et la réalité.

Il est vrai que trouver un stage à l’étranger nécessitera un peu plus d’efforts de votre part que d’en trouver un dans votre pays d’origine, mais cette épreuve n’est pas insurmontable. Pour commencer, fixez-vous des critères. Etes-vous prêt à accepter un stage non rémunéré, non rémunéré avec logement, impérativement rémunéré ? Quelle région du monde vous intéresse ? Les stages sont-ils monnaie courante là-bas – si non, quel est le plan de repli ? Quel type d’entreprises souhaitez-vous intégrer ? Lesquels ne sont pas votre premier choix mais ne vous gênerez pas ? Quelles sont les conditions légales auxquelles sont soumises les stagiaires dans le pays ? Vous faudra-t-il un visa ? Pourrez-vous financièrement vous assumer sur place (pensez à regarder les bourses existantes). N’écoutez pas les personnes vous enjoignant de trouver un stage en rapport avec votre projet professionnel. Vous pouvez faire autre chose. Il vous suffira de trouver du lien entre les deux par la suite, et votre soit disant « projet » sera de toute façon en constante évolution.

Une fois cette première recherche terminée, le vrai travail commence ! La recherche des entreprises peut se révéler longue et fastidieuse. Souvent, les Universités auront des annuaires compilant les lieux de stage des années précédentes à vous fournir. Pensez à les consulter rapidement, vous y trouverez peut-être votre bonheur.

L’envoi de mails peut commencer. Vous allez en envoyez beaucoup, mais moins que ce qu’on vous aura annoncé au préalable, et vous ne recevrez que peu de réponses sur votre nombre important de candidatures. Parfois vous serez même heureux de recevoir une réponse négative, simplement parce que vous serez alors fixer sur l’impossibilité de faire un stage dans une entreprise en particulier. Puis vient le saint Graal, une réponse vous proposant un entretien, qui vous laissera complètement excité et vous empêchera de dormir la nuit.

Vous vous préparez à l’entretien qui aura lieu en anglais, et durant lequel il vous faudra vous vendre autant que possible, et vous vous arrangez (décalage horaire oblige) pour trouver une heure de rendez-vous skype convenant à l’entreprise, parfois durant la nuit. Les entretiens skype ont quelques avantages, mais aussi des inconvénients. Personnellement, je les trouve stressants, j’ai comme l’impression que l’écran met encore plus de distance entre le professionnel et moi que lors d’un entretien physique, et il est plus difficile de déterminer si le dialogue s’est bien déroulé ou pas. D’un autre côté, cette distance est aussi un bienfait. Vous passez l’entretien depuis chez vous, dans un cadre rassurant, vous pouvez faire ce que vous voulez de vos jambes, et il est beaucoup plus compliqué pour le recruteur de juger de votre tenue.

Après l’entretien, un nouveau parcours du combattant commence. Vous allez vous retrouvez dans la très désagréable position d’intermédiaire entre votre future entreprise et l’administration de votre Université. Il ne faut pas imaginer qu’un accord par mail est un accord de stage définitif. Vous n’aurez de certitudes qu’une fois la convention signée par les trois parties.

Parfois, vous vous heurterez à des résistances de votre Université. Le stage ne conviendra pas forcément à votre directeur d’études, même s’il correspond parfaitement à ce que VOUS recherchez. Il est aussi possible que votre Ecole refuse de signer votre convention pour cause de « présence d’un autre stagiaire francophone sur les lieux ». Il vous faudra alors vous démener pour convaincre les personnes vous faisant barrière, et passer ce dernier obstacle. Pour peu que vous ayez aussi à postuler pour une bourse à la mobilité, votre recherche de stage peut encore durée plusieurs semaines. La notoriété de la désorganisation de l’administration – qui est rarement pressée à l’idée de vous verser de l’argent – n’est plus à faire.

Toutes les étapes ont été franchies ? Bienvenue dans le beau monde des stages à l’étranger. Vous pouvez désormais acheter votre billet et vous dirigez vers votre porte d’embarquement.

Mon expérience ? 

Comme certain d’entre vous le savent déjà, je suis étudiante en tourisme. Plus précisément, j’ai une Licence en Tourisme International et je suis désormais en Master Aménagement Touristique et Développement des destinations. Durant mon cursus, je dois donc régulièrement chercher des stages. L’un d’entre eux était à faire obligatoirement à l’étranger, et j’en cherche actuellement un nouveau.

Généralement, je créée une lettre de motivation type, que j’adapte un peu à l’entreprise à laquelle je fais parvenir ma candidature, et au pays dans lequel je l’envoie. Beaucoup vous dirons que ce n’est pas l’idéal, qu’il faut « personnaliser » ses lettres de motivations. C’est certainement vrai, si vous avez le temps et que vous êtes prêt à rédiger des lettres à chaque nouvelle candidature… je ne fonctionne pas comme ça ne m’a jamais posé de problème. Il vaut mieux une lettre de qualité que dix différentes, toutes médiocres.

J’en suis actuellement à ma deuxième demande de stage à l’étranger. Le modèle du premier se répète assez bien. Dans les deux cas je constate que je reçois ma première réponse positive après l’envoi d’une dizaine de candidature, dans les deux cas, réponse positive. Les échanges avec les entreprises ont duré généralement trois semaines, afin de décider des missions, de discuter d’un salaire potentiel ou des avantages en nature, d’envoyer la convention, de recevoir la convention…

Lors de ma première recherche de stage à l’étranger, j’ai été amenée à passer trois entretiens skype, dont deux en Asie et un en Europe. Dans les trois cas, les entretiens ont été assez similaires :

  • Présentez vous.
  • Comment décririez-vous votre personnalité ?
  • Pourquoi souhaitez-vous faire un stage dans notre entreprise.
  • Présentation de la part de mon interlocuteur du lieu de travail, des missions et des avantages.
  • Qu’en pensez-vous ?
  • Avez vous des questions ? ( Et il faut toujours avoir des questions, pour montrer l’intérêt qu’on leur porte).

Tout cela se prépare, et prend du temps. Mes recherches ont dans les deux cas commencées en Septembre, pour le mois de Mars. Cela peut paraître tôt. Tout dépend de votre zone de recherche géographique. Si vous cherchez en Europe ou en France, il n’est pas utile de commencer juste après la rentrée scolaire. Les mois d’Octobre ou de Novembre seront tout aussi propices à un début de recherche. Si vous décidez de chercher votre stage sur un autre continent, où les normes sont différentes, où des visas seront parfois nécessaires, où les entreprises seront rarement prompte à vous rémunérer, soit parce qu’elles n’en ont pas l’obligation légale, soit parce que la culture des stages est peu développée, mieux vaut-il vous y prendre le plus tôt possible.

 

Lien vers le blog que j’avais obligation de tenir lors de mon stage dans un hôtel cinq étoiles en Grèce, en Licence : https://marianneribiere95.wixsite.com/mayayanneincrete