2020, 25 ans, un stage censé se faire à Taiwan, et bam ! Le coronavirus !

Le secteur du tourisme pendant le coronavirus, c’est une catastrophe. Les entreprises ferment, mettent leurs employés au chômage partiel dans le meilleur des cas, alors le petit stagiaire nouvellement arrivé n’a aucune chance de s’en tirer, ou presque. L’avantage de ma formation, c’est que nous nous sommes souvent retrouvés avec des missions de labellisation ou de développement, aussi quelques-uns ont pu conserver leur stage en travaillant depuis chez eux.

Je devais partir le 14 Mars en fin d’après-midi. Le matin du jour J, mon avion était annulé pour cause de fermeture des frontières au niveau de l’une de mes escales. Dans la foulée on nous annonce le confinement en France, et une période de quarantaine pour toutes personnes arrivant en Mars à Taiwan. Impossible de prendre un nouveau vol. Je décide de rester en France. Un peu dégoutté, surtout que je prépare mon stage depuis la mi-septembre et que je n’ai que pour ça toute l’année, mais au regard de la situation sanitaire, et en considération pour ma famille, c’est peut-être mieux comme ça…

Un skype avec ma Maître de stage et un autre skype avec ma directrice de Master plus tard, nous réorganisons mon stage pour qu’il puisse se dérouler en télétravail.

Première étape, on me demande de m’organiser moi-même mon calendrier, en fonction de trois grands objectifs fixés par l’ONG. Une fois cette chose faite, nous décidons de faire un point toutes les semaines, toujours par skype, et de rester en contact par message par Line le reste du temps.

Alors comment est-ce, de travailler à distance, par internet avec une ONG qui a six heures de décalage horaire avec toi ?

Le télétravail ne convient pas à tout le monde. Cela nécessite d’avoir une certaine organisation et assez de rigueur pour t’imposer un travail régulier, sans la présence d’une personne pour te motiver. Personnellement, j’adore. Cette méthode de travail convient tout à fait à ma personnalité, de part la liberté d’organisation et d’expression que cela me laisse dans mes missions, et l’absence de contraintes horaires. Je peux travailler quand je veux, du moment que le travail est fait à la fin de la semaine.

Nous fixons souvent les skypes vers dix ou onze heures, heure Française, et en fin d’après-midi à Taïwan. La chance était quand même avec moi, notre passage à l’heure d’été a réduit le décalage horaire d’une heure. Il n’y a plus que six heures d’écart entre la France et Taïwan, et plus sept.

Une réunion skype, ça se prépare, surtout lorsque aucun des interlocuteurs ne parlent dans sa langue natale. Et oui ! Malgré que nous ayons un très bon niveau d’anglais, il est toujours mieux d’avoir la base de la conversation sur papier pour fluidifier les échanges et éviter les confusions sur des sujets importants. Et puis, une préparation pour savoir quels points aborder exactement, et les éventuelles questions à poser est de toute façon très utile, surtout lorsqu’il n’y a qu’un skype par semaine.

Les missions en télétravail ?

Mes missions ont bien sûr étaient remaniées. Je devais partir faire des audits et de la labellisation. En télétravail, c’est impossible.

Il s’avère que l’ONG dans laquelle je suis travaille beaucoup en collaboration avec d’autres ONG Européennes, qui étaient en train de créer un Good Travel Guide pour les touristes, sur des destinations du Monde entier. Ma première mission a donc été de compléter la page pour Taiwan.

Mon ONG n’ayant jusqu’alors aucun réseaux sociaux, et une communication à destination de l’internationale équivalente à zéro, j’ai monté un dossier de stratégie de communication, et j’ai commencé à gérer le contenu des réseaux sur lesquels je venais de créer des comptes.

Au moment où j’écris cet article, je suis toujours en stage pour l’ONG, et nous sommes en train de réfléchir au contenu, et à la création d’un site web à destination des touristes internationaux, entre autre, visant à mettre en place un tourisme durable à Taïwan, et à faire connaitre un peu plus les actions de l’ONG. Croyez moi, ça nous prend un temps fou ! La dernière fois, une heure trente de skype pour discuter de terminologie, parce qu’on hésitait entre trois mots.

Mes missions évoluent en fait chaque semaine, au fur et à mesure de la découverte de nouveaux besoins pour l’ONG, et parce que nous apprenons à nous connaitre d’avantage. Si elles ne sont plus tout à fait en accord avec mon Master, il n’en reste pas moins qu’elles sont intéressantes.

Travailler à distance pour une ONG à l’autre bout du Monde est une expérience nouvelle. Je n’y aurais jamais pensé. Mais je ne regrette absolument pas d’avoir conserver mon stage. Je ne suis peut-être pas à Taïwan physiquement, mais les échanges culturels sont bien présents, la langue aussi. J’apprends à découvrir le secteur du tourisme durable et le fonctionnement des ONG d’une autre manière que celle qui était prévue, mais elle est plutôt efficace, je pense.

Est-ce que je vais aller à Taïwan ?

La question est bien présente, et la seule réponse est… peut-être.

Mon départ va être conditionné par beaucoup de chose, dont la réouverture des frontières, si elle a lieu avant septembre, le prix des billets d’avion à ce moment là, l’obtention de mon année de Master ou pas.

En tout cas, il n’est pas exclu que je refasse un stage pour cette ONG en Janvier l’année prochaine. C’est en réflexion. Et si je n’ai pas mon année, j’irai peut-être en PVT. Par ailleurs, la question d’une collaboration sur le long terme est présente.

La personne qui encadre mon stage m’a quand à elle déjà invitée à venir lui rendre visite, y compris si je repars à Taïwan uniquement en vacances. Encore une marque de l’hospitalité des Taïwanais !